Parfaites imperfections

Tulipes

Les tulipes sont des histoires

Il y a quelques jours, j’ai acheté ces tulipes.
Elles étaient dans un simple petit pot en plastique, longues tiges penchées, et soldées puisque jugées « non parfaites ».
Parfaites ? Parfaites pour qui ?
Le fleuriste avait jugé, et c’est un choix parfaitement respectable, qu’elles n’étaient pas à hauteur de ses autres tulipes, qu’elles n’étaient pas conformes à ses autres pots.

Et, c’est amusant car, c’est justement cette courbe, comme si un vent immobile jouait avec elles, qui m’a plu.

J’ai la chance d’avoir un jardin, fleuri, arboré. Je n’achète pas de fleurs, et surtout pas de fleurs coupées,  j’en plante. Mais ces tulipes penchées dans leur pot trop petit m’ont immédiatement attirée, alors je les ai amenées chez moi.
Et, elles ont fleuri avec magnificence.

Comprenez-vous ce que je voudrais vous dire ?

Lorsque j’ai demandé dans le dernier message, si vous aviez un rêve, vous avez été nombreux à m’écrire, sur Facebook ou en privé, que votre rêve était d’écrire un livre.
Vous m’avez parfois confié, et je vous en remercie, que vos histoires avaient pu être rejetées par des éditeurs et que c’est justement ce que vous aimeriez au-delà d’écrire : être publié.

Bien sûr, je comprends parfaitement ce désir et la souffrance que cela occasionne parfois. Je l’ai eu moi aussi ce désir, durant de nombreuses années et c’est toujours plaisir évidemment de publier. Et, aujourd’hui encore certains de mes textes sont retenus par des éditeurs, et d’autres non. Car, être publié n’est pas la fin d’un chemin, ni un « Graal », on continue de recevoir des refus, aussi. Mais cela ne m’empêche pas d’écrire, comme cela n’empêche pas les tulipes de pousser.
Je reviendrai un jour, bientôt sans doute, sur le choix de l’édition et/ou de l’auto-édition. En deux mots, je pense que ce n’est pas incompatible, que ce n’est pas à mettre en opposition et que ce sont deux choix différents, l’un n’étant pas inférieur à l’autre, juste différent. C’est pourquoi, je me définis aujourd’hui comme un écrivain hybride.

Mais revenons à nos tulipes.

Pouvez-vous imaginer que les tulipes soient des histoires. Oui cela semble un peu difficile a priori mais je suis certaine que vous pouvez l’imaginer tout de même. N’est-ce pas ?
Les tulipes sont des histoires, des textes, et le fleuriste est un éditeur.

Mon petit pot de tulipes courbées est une histoire, dont un fleuriste éditeur n’a pas voulu, pour des raisons encore une fois, tout à fait légitimes et respectables (après tout, chacun ses goûts et ses choix).
Et moi, je suis une lectrice. Et j’ai eu envie de lire ces fleurs. Et j’aime ces fleurs.

Il y a de nombreux lecteurs dans le monde.  Peut-être que vous, vous n’aimez pas ces tulipes là, ou peut-être que vous les trouvez jolies.
Peut-être aussi qu’un autre fleuriste les aurait choisies et même les aurait mises en avant, pour leur particularité, leur rareté, leur différence…

Alors au fond, quelles que soient vos histoires, si elles sont écrites avec justesse, avec vérité, avec patience. Si elles sont un peu de vous, elles toucheront toujours un fleuriste ou un amateur de tulipes penchées.

Comprenez-vous ? Si vous êtes un écrivain dans l’âme, vous avez aussi votre public, et si vous persévérez, vous finirez par le trouver, et lui aussi vous trouvera, si vous n’avez pas peur de pousser à la lumière, pour que l’on vous voit.
Et, si vraiment vous avez envie d’un fleuriste, cela prendra peut-être du temps, mais il n’y a pas de raison pour que vous n’y arriviez pas un jour.

Alors, quel que soit votre choix, rappelez-vous que ce n’est pas le fleuriste qui décrète si votre fleur est une tulipe ou non. La tulipe n’a pas besoin d’être « adoubée », elle est.
Qu’elle soit penchée ou non, elle est. Et personne d’autre qu’elle ne peut décider de sa couleur ou de sa fonction, encore moins de sa définition.
La tulipe n’a pas besoin d’être adoubée, elle est. Parce qu’un jour, elle a pris le risque, la patience, de pousser. Et parce qu’elle sait qu’un jour, elle se sentira encore plus belle, d’être regardée, aimée, lue, par un amateur de tulipe, droite ou penchée.

Je vous souhaite une très belle journée de printemps.

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6 réponses sur “Parfaites imperfections”

    1. Merci Zazy !
      Oui, plus de lumière 🙂 Et les arbres, les fleurs, savent nous montrer qu’ils arrivent toujours à la trouver cette lumière, même si on tente de dévier leur trajectoire, même si on tente de changer la forme de leur tronc. Ils reviennent toujours vers leur lumière 😉

  1. je crois que je ne verrais plus jamais les tulipes de la même façon…
    les plantes se nourrissent de la lumière du soin et de l’amour qu’on leur apporte, c’est un échange vraie entre la Nature et nous. Tant de personnes se sont dé-connectées d’elle…

    1. C’est vrai Eve, et en même temps, il est possible et facile de se reconnecter. Rien qu’un pied nu sur la terre ou l’herbe en rosée et, déjà, la magie s’opère…

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